L’étalement urbain et polarisation commerciale. Cas du quartier d’El Yasmine à Oran (Algérie)
- Titre de l'article: L’étalement urbain et polarisation commerciale. Cas du quartier d’El Yasmine à Oran (Algérie)
- Auteurs : Selma Rouan Serik Tayeb Otmane
Oran, ville méditerranéenne dynamique et seconde agglomération algérienne, a évolué selon un processus d’urbanisation diffuse. Ses franges rurales périurbaines, aux contours flous, lieux d’importantes transformations, sont actuellement des espaces de production agricole. Une redéfinition de l’agriculture périurbaine s’opère par des initiatives individuelles qui se traduisent par une diversification agricole : développement de cultures à forte plus-value, maraîchères, arboricoles et ornementales. Les entretiens directifs menés auprès des agriculteurs périurbains ont permis d’expliquer les facteurs qui sont à l’origine de ces transformations. Le profit tiré des cultures pratiquées est en lien avec l’accroissement de la demande citadine, l’intensification agricole étant une réponse à la précarisation foncière engendrée par l’urbanisation et par le morcellement excessif des propriétés.
Les grandes exploitations agricoles créées dans le cadre de la loi de mise en valeur agricole de 1983 dans le Sahara algérien étaient vouées à une production céréalière sous pivot. L’objectif était de développer économiquement des régions sahariennes pour partie marginalisées, ainsi que de réduire la dépendance chronique en céréales du pays. L’État a considérablement investi pour équiper ces exploitations agricoles dans le cadre d’un vaste plan de développement rural. Mais trente ans après la parution de la loi, les réalisations demeurent limitées au regard des objectifs initiaux. Et la crise du modèle de la grande mise en valeur céréalière au Sahara a pour corollaire l’émergence de réelles dynamiques d’adaptation de la part des agriculteurs sahariens, tant du point de vue des cultures pratiquées que des techniques mobilisées.
Timimoun, oasis saharienne, dite « capitale du Gourara » et ville relais entre la région du Touat et le M'Zab, a connu depuis 1954 une croissance démographique remarquable. Cet accroissement démographique s'est traduit par une extension spatiale importante, faire passer l’oasis de ksour rationnels à une agglomération saharienne tentaculaire, morphologiquement diversifiée et économiquement renouvelée. Cette croissance était liée au développement des infrastructures et au changement du statut administratif ainsi qu'à son rôle touristique. Une économie tertiaire a gagné du terrain au détriment de son activité agricole qui constituait le socle historique de son économie. Les changements, passés et présents, tant dans les dynamiques agricoles qu'urbaines, font de Timimoun un exemple pertinent pour mesurer les méthodes de développement en milieu oasien.
Le Sahara algérien aujourd’hui urbanisé, très largement désenclavé et intégré économiquement, représente le centre de gravité économique du pays, du fait de ses vastes réserves en hydrocarbures. Sa configuration spatiale et son fonctionnement actuels résultent de l’évolution sur le temps long des relations complexes entretenues avec les différents pouvoirs s’étant succédé au Maghreb central. Depuis le Moyen Âge, les structures politiques du Nord maghrébin développèrent des interactions particulières avec l’espace saharien, sous-tendues par des considérations avant tout économiques puis par des projets fondamentalement politiques. Appréhender la structuration progressive d’un espace désertique comme le Sahara algérien, invite à mesurer le poids des héritages et les dynamiques de changement que portèrent intrinsèquement les forces politiques en présence dans le Nord du Maghreb.